Rencontre du 30 novembre sur le travail des Journalistes en résidence

Education aux médias : une nécessité pour décrypter le vrai du faux

, par Club de la presse Nord - Pas de Calais

Pas toujours facile de parler «  lorsqu’on exerce une profession détesté ou décriée par tous ». Une profession qui souffre également de méconnaissance ! Le contexte d’après attentats a certainement donné un nouvel élan à ce travail de « décomposition » de l’information. Parler aux jeunes de la liberté d’expression ou encore de la liberté de la presse : un travail parfois difficile. Pour Valérie Rohart, ancienne grand-reporter à RFI et fondatrice du groupe « Volontaires pour la liberté d’expression », il est « nécessaire de ramener certains concepts au niveau des élèves.

Si l’on évoque les migrants, il faut expliquer le contexte, les raisons de cette situation et ainsi faire prendre conscience de ce qui est véhiculé par les réseaux sociaux ». De son côté, Lucas Roxo, journaliste engagé par la ville de Roubaix pour une résidence de cinq mois précise qu’il faut « remontrer les choses ». En fait, les jeunes « sont des consommateurs d’infos » mais « ne font pas confiance aux journalistes ». L’éducation aux médias est importante et depuis son arrivée à Roubaix, de nombreuses demandes d’ateliers lui ont été faites. Cela concerne la construction de l’info, la théorie du complot ainsi que la liberté de la presse et d’expression.

Dans cette recherche pour rétablir et expliquer les faits, de nombreux outils sont mis à disposition des enseignants. Toutefois, la présence d’un journaliste qui a une notion du terrain s’avère un atout indispensable. Ne serait-ce que pour décrypter un journal télévisé. Tous deux observent que « les journalistes sont très critiqués dans un contexte où l’on consomme de moins en moins d’informations ». Un paradoxe !
D’où l’intérêt « d’un engagement de la part des journalistes dans un processus d’éducation des médias » poursuit Amandine Kervella, enseignante-chercheuse à Lille1 (GERIICO) et qui a participé à la création d’un Collectif pour le développement de l’éducation aux médias et à l’information (EMI), à l’échelle du territoire régional.

« Il faut expliquer le travail et le rôle de chacun, car les interrogations sont nombreuses autant des enseignants que des élèves ». Un positionnement par rapport à l’image, au journal, au média. Rétablir une confiance.

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Amandine Kervella, enseignante-chercheuse à Lille1, Lucas Roxo, journaliste engagé par la ville de Roubaix pour une résidence de cinq mois et Valérie Rohart, ancienne grand-reporter à RFI et fondatrice du groupe « Volontaires pour la liberté d’expression »

L’ensemble de cette démarche s’articule auprès d’une transmission des valeurs. Une transmission difficile qui va démêler le vrai du faux, tout en ayant une approche pédagogique. Pas question de faire de la morale ! Cela passe par l’explication du discours, mais aussi par un éclairage sur le sujet car il y a souvent une méconnaissance de la part de la population.

De plus, il faut aussi faire une auto-critique de la profession. Sur ce point, les reportages effectués par certaines chaînes d’infos en continu contribuent à porter préjudice à l’image d’une ville, d’un quartier ou d’une banlieue. « Les habitants ne se reconnaissent pas toujours et ne comprennent pas pourquoi les médias d’intéressent à eux » observe Amandine Kervella. « C’est à nous d’expliquer le métier, nos contraintes mais aussi les raisons du reportage. Nombreux sont ceux qui pensent et disent que les médias sont à la merci de lobby ou de groupes politiques ». Sur ce point, Valérie Rohart ajoute qu’il est nécessaire de faire le portrait des propriétaires des chaînes de télévision ou des journaux. « C’est aussi leur expliquer que si une entreprise privée lance « sa » société de production, il ne faut pas s’attendre à une certaine objectivité dans les sujets traités ».
Un travail pourrait être fait dans les quartiers par le biais des centres sociaux, mais cela s’avère difficile.

Les échanges ont été nombreux, mais force est de constater qu’un long travail reste à faire pour le tri des informations véhiculées par internet. Une tâche qui permettrait peut-être de réconcilier la population et les journalistes.



 

 

 

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