21 médias et ONG demandent la libération de Mathias Depardon

, par Club de la presse Nord - Pas de Calais

Âgé de 37 ans, le photojournaliste français Mathias Depardon réside depuis des années à Istambul. En reportage dans le Kurdistan turc pour National Géographique, il a été arrêté mardi 8 mai.

Dans la province de Batman où il enquêtait, les tensions entre armée et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) ont redoublé dernièrement. La présence de journalistes étrangers est peu souhaitée dans cette zone par le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan et les accréditations sont difficiles à obtenir. Celles de Mathias Depardon étaient pourtant bien à jour.

Selon Erol Onderoglu, représentant de RSF en Turquie, « les circonstances de son arrestation restent floues. Après avoir été interrogé, le journaliste aurait été remis à la Direction des affaires migratoires et ses deux appareils photo ont été confisqués. »
Depuis que le président Erdogan a mis en place un cadre répressif à la suite du coup d’État manqué de juillet 2016, la presse, turque comme étrangère, à de plus en plus de mal à faire son métier. Les arrestations et expulsions de journalistes étrangers ne sont plus rares et 150 journalistes turcs sont actuellement emprisonnés.

Trois organisations de défense de la liberté de la presse et 19 rédactions ont écrit ce 19 mai au ministre de l’Intérieur turc Süleyman Soylu, pour lui demander la libération immédiate du journaliste Mathias Depardon.

M. Süleyman Soylu
Ministre de l’Intérieur

Monsieur le Ministre,
Les médias et organisations soussignés vous demandent de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour assurer la libération immédiate et inconditionnelle du photographe français Mathias Depardon, détenu depuis 10 jours dans le sud-est de la Turquie.

Mathias Depardon a été arrêté le 8 mai à Hasankeyf, dans la province de Batman, au cours d’un reportage sur le Tigre et l’Euphrate pour le magazine National Geographic. Il a été transféré le lendemain vers un centre géré par la Direction des Affaires migratoires à Gaziantep, où il se trouve depuis lors. Il y a maintenant une semaine, le 11 mai, la direction a ordonné son expulsion. Pourtant, le journaliste est encore en détention à ce jour.

Cette situation est une expérience très difficile pour Mathias Depardon et sa famille. Il ne peut communiquer avec l’extérieur que par l’intermédiaire de son avocat. Le journaliste est laissé sans explications quant aux raisons du prolongement de sa détention. Cette absence d’informations nous inquiète de plus en plus et nous vous demandons respectueusement d’autoriser les diplomates français à venir lui rendre visite.

Âgé de 37 ans, Mathias Depardon est basé en Turquie depuis cinq ans. Il est en train de faire renouveler sa carte de presse. Les médias soussignés ont tous travaillé avec lui durant ces dernières années et tous le décrivent comme un journaliste extrêmement professionnel et respectueux de la loi.

Comme l’a confirmé National Geographic, Mathias Depardon se trouvait à Hasankeyf dans le cadre de son travail journalistique. Nous comprenons les inquiétudes d’ordre sécuritaire légitimes dans cette zone et respectons le devoir des autorités de protéger les citoyens turcs. Mais rien ne nécessite la détention ou l’expulsion de Mathias Depardon. Nous considérons qu’il devrait pouvoir être autorisé à continuer son travail en Turquie.

En vous remerciant par avance pour l’attention que vous porterez à notre demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.

Signataires : Reporters sans frontières (RSF), Association des Journalistes Professionnels (AJP, Belgique), Elle, L’Express, Fédération Européenne des Journalistes (EFJ), Le Figaro, L’Humanité, Internazionale, Libération, Mediapart, Le Monde, National Geographic, L’Obs, Le Parisien, Paris Match, Polka, Der Spiegel, Society, The Sunday Times Magazine, Télérama, Visa pour l’Image, VSD


 

 
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