800 personnes au concert de soutien
Hervé et Stéphane, « Nous sommes là »

Vendredi 22 octobre, près de 800 personnes ont participé à une soirée de soutien à Hervé Ghesquière, Stéphane Taponier et leurs trois accompagnateurs. Ce concert, le seul organisé en province, a eu lieu au Nouveau Siècle, à Lille, à l’initiative du Club de la Presse du Nord-pas de Calais et avec le soutien du Conseil régional. France Télévisions organise aussi un concert de solidarité ce lundi 25 octobre à Paris.

Près de trois heures de chansons, de témoignages, d’applaudissements, de rires et d’émotions. Vendredi soir, le grand auditorium du Nouveau Siècle, à Lille, a résonné du bruit joyeux des applaudissements. « Allez-y, continuez. De là-bas, ils nous entendent », dit au public Jean-Michel Lobry, Pdg de Wéo, la télé Nord-Pas-de-Calais, animateur de cette soirée spéciale.

800 personnes, anonymes, confrères et collègues, élus, artistes ont donné de la voix pour montrer leur soutien aux journalistes Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, retenus en otage en Afghanistan avec leurs trois accompagnateurs Mohamed, Gulan et Satar depuis le 29 décembre 2009. Ce lundi 25 octobre, cela fait 300 jours qu’ils sont en captivité. Une date symbolique qu’a choisie leur comité de soutien pour organiser, avec France Télévisions, un concert gratuit au Zénith de Paris.

A Lille, les artistes se sont succédé sur scène : Capitaine Alexandre et Manalone, du collectif « On a Slamé sur la Lune », le chanteur Cyril Dymny et le pianiste Denis Bruneel (Tour de Chant), les Nanas Fêlées, Swingin’ Partout, Jef Kino, Les Mauvaises Langues et l’homme de théâtre Gilles Defacque.

D’autres ont apporté leur soutien par des messages adressés au cours de la soirée, comme Jean-Claude Casadesus, Michel Leeb, Hugues Aufray ou le président du Conseil supérieur de l’audiovisuel Michel Boyon…

Le rire et les mots sont la meilleure arme pour conjurer le mauvais sort et rappeler aux talibans, qui « détruisent les statues de Bouddha » et qui veulent faire taire jusqu’au « chant des oiseaux », que l’info est un droit, a souligné Philippe Allienne, le président du Club de la Presse. Alors, « chantons, applaudissons, ne soyons pas tristes ! ». « On ne sait pas trop dans quel état ils sont, pensons à leur retour », a-t-il résumé avant que les proches et les collègues d’Hervé Ghesquière, originaire de Marcq-en-Barœul, près de Lille, et de Stéphane Taponier témoignent sur scène.

Journaliste à France 3 Nord-Pas de Calais, Fabrice Dujardin, qui a travaillé avec Hervé, a rappelé combien « la famille » de France 3 souffrait de l’absence d’un collègue considéré comme « un professionnel, un expert pugnace, honnête, rigoureux, passionné ».

Reporter, « espèce en voie de disparition »

Malgré la gravité du sujet, la soirée a été placée sous le signe de la bonne humeur

Hervé Brusini, créateur du magazine Pièces à Conviction (l’émission pour laquelle les deux journalistes sont partis en Afghanistan), connaît les deux hommes. Devant leurs portraits géants sur scène, il s’est livré à un exercice pédagogique sur « le contre-champ » : « Regardez-les. Il y en a un qui vous regarde en face, qui cherche votre vérité : c’est l’ami Ghesquière, le rédacteur. Et il y en a un autre qui regarde un peu ailleurs, qui cherche la bonne image, c’est le caméraman, c’est Stéphane, on l’appelle "Tapo"  ». Et l’ancien patron de l’info de France 3 de poursuivre : « Ce couple, c’est la figure du reporter, une espèce en voie de disparition  ». « Cela coûte, du temps et de l’amour, continue Brusini. On leur oppose deux mots, responsabilité et raison. Ils sont responsables. Mais par définition ils sont déraisonnables, a fortiori quand il s’agit de la raison d’Etat. (…) Tous les deux ne se contentent pas de la version officielle. Ils vont au fond des choses ».

Un boulot indispensable, a souligné Hervé Brusini : « Sans ce travail, nous ne savons ni ne ressentons rien. Le reporter est une aide à la citoyenneté ».

Plusieurs fois critiqués au sommet de l’Etat pour leur « imprudence », les journalistes ont été salués pour leur action, ce vendredi soir. « Le journaliste est légitime dans cette quête de vérités, il est légitime quand il refuse d’être embarqué ou "embedded", comme disent les Américains. C’est notre droit, à nous citoyens, d’être informés de manière professionnelle, indépendante », a indiqué Daniel Deloit, le directeur de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille. Et c’est au nom de ces « valeurs » de la citoyenneté que la Région Nord-Pas de Calais a apporté son concours à cette soirée, a expliqué Majdouline Sbaï, vice-présidente du conseil régional. Quelques heures avant, le conseil régional avait d’ailleurs procédé à l’accrochage d’une banderole de soutien sur la façade du siège de l’institution, à Lille, ce qu’avaient déjà fait d’autres collectivités, à Wasquehal, Lille, Saint-Amand-les-Eaux…

« On nous parle de preuves de vie »

La libération des cinq otages a échoué une fois. Depuis, « on nous parle de preuves de vies », explique Fabrice Dujardin. « Mais sur leur libération, nous n’avons pas de nouvelles ». Il n’est plus temps d’attendre, estime Roger Lecointe, petit cousin d’Hervé Ghesquière. «  Au début nous nous sommes tus, nous avons obéi (aux consignes officielles) parce que nous sommes obéissants ». Evoquant une période «  franchement très difficile à vivre » pour sa famille, Roger Lecointe dit comprendre «  ceux qui ont perdu un proche ».

Artiste peintre, il a réalisé les portraits des cinq otages. « En faisant celui d’Hervé, j’ai pensé à lui toute la journée  », a-t-il expliqué. A Marcq-en-Barœul, où réside la mère d’Hervé Ghesquière, «  on essaie d’être présent à ses côtés », a indiqué Bernard Gérard, le député-maire. « On parle de solidarité au bout du monde. Il y a aussi une solidarité au bout de la rue de Madame Ghesquière ».

La « tête de mule » et « l’angoissé de première »

Hervé Ghesquière, «  fichue tête de mule », selon Hervé Brusini, trouvera peut-être la force de tenir. Quant à « Tapo  », « l’angoissé de première », il sait sans doute les efforts entrepris ici. Les journalistes Florence Aubenas, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, anciens otages, l’ont rappelé après leur captivité : les échos des manifestations de soutien leur sont parvenus et les ont aidés à tenir. « Tous ont dit : "la mobilisation, c’est important". Par votre présence, vous les sauvez », a dit au public nordiste Michel Anglade, journaliste à France 2 et membre du comité de soutien. «  Moi, l’homme du Sud, je vois qu’ici, dans le Nord, les gens sont là, c’est magnifique », a-t-il ajouté, visiblement ému. « Ils ont besoin de cette solidarité », a ajouté Dominique Gerbaud, président de Reporters sans frontières (RSF), qui espère ne pas avoir à « marquer le premier anniversaire de leur captivité » et qui s’inquiète aussi du sort de Mohamed, Gulan et Satar, les trois accompagnateurs afghans des deux Français. « Eux et leurs familles seront rejetés partout. Il faut qu’ils aient un visa pour la France s’ils le veulent. Il ne faudra pas les oublier »

Mathieu HÉBERT

Dominique Gerbaud, président de Reporters sans frontières (RSF), Maxence, membre du groupe "Les Mauvaises Langues", Philippe Allienne, Président du Club de la presse Nord - Pas de Calais, Majdouline Sbaï, vice-présidente du conseil régional, Pierre-Yves Grenu, Rédacteur en Chef de France 3 Nord - Pas de Calais et Hervé Brusini, créateur du magazine Pièces à Conviction
Une conférence de presse était organisée juste avant le concert
Michel Anglade et Denis Saverot, journalistes et membres du comité de soutien à Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier
Michel Anglade, membre du comité de soutien, Jean-Michel Lobry, PDG de Wéo et animateur de la soirée, Fabrice Dujardin, journaliste France 3 Nord - Pas de Calais et Philippe Allienne, Président du Club de la presse.
Cyril Dymny et Denis Bruneel, pour un tour de chant poétique et humoristique
Hervé Brusini, créateur du magazine Pièces à Conviction, pour lequel, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière sont partis en Afghanistan, a apporté son soutien aux deux otages et a expliqué au public le métier de reporter
Le collectif "on a slamé sur la lune" a déclamé plusieurs textes sur le thème de la liberté
Les Nanas Fêlées ont égayé la soirée par leur énergie et leurs textes droles et décalés
Jean-Michel Lobry reçoit sur scène Daniel Deloit, le directeur de l’Ecole supérieure de journalisme de Lille, Dominique Gerbaud, président de Reporters sans Frontières (RSF) et Roger Lecointe, artiste-peintre, petit cousin d’Hervé Ghesquière.
Le clown Gilles Defacque, comédien du Prato, a un don pour déclencher les rires de 800 spectateurs
Jef Kino, entre rock et chanson française
Bernard Gérard, Maire de Marcq-en-Baroeul, a témoigné de son soutien aux deux journalistes otages
Majdouline Sbaï, vice-présidente du conseil régional et Pierre-Yves Grenu, Rédacteur en Chef de France 3 Nord - Pas de Calais
Le jazz manouche de Swingin’ Partout a été fort apprécié
Les Mauvaises Langues ont joué leur rock teinté de guinguette et de bossa
800 personnes étaient présentes ce soir là
Bernard Gérard, Maire de Marcq-en-Baroeul et son épouse, discutent avec Roger Lecointe, le cousin d’Hervé Ghesquière
Pour le final, tous les artistes et les intervenants de la soirée, se sont retrouvés sur scène en musique

 

 


 

 

 

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