Après Berck-sur-Mer, le dessin de presse s’invite à Tourcoing

Deux semaines après le festival de la caricature et du dessin de presse de Berk-sur-Mer, C’est au tour de Tourcoing d’accueillir les virtuoses du crayon. Pour la neuvième année consécutive, l’association 49+ la BD Francophone, créée par Francine Coppens, a organisé son festival du dessin de presse d’humour et de la caricature. 30 dessinateurs, venus de toute l’Europe, ont donné rendez-vous au public à l’Hospice d’Havré, ces 20 et 21 novembre. Parmi eux, Jean-Michel Renault.

(images à gauche : dessin de Lasserpe publié dans "Non de Dieux"

« Chouette, on va se marrer à Tourcoing » titre, en une, « Nord Eclair  » de vendredi 19 novembre. Pour l’occasion, chaque page de l’édition tourquennoise est enrichie d’un dessin de presse signé par l’un des dessinateurs qui, avant le festival, ont rencontré le public dans les commerces dunkerquois : Coco, Roth, Mouss, Ydel.

« Un bon dessin, c’est une bonne idée  », résume le dessinateur et éditeur Jean-Michel Renault (voir la vidéo). Entendons, il faut être efficace en sachant marier le bon trait au message ou à l’idée que l’on souhaite faire passer. «  Réussir un dessin, c’est un peu monter et réussir un coup », insiste-t-il. « Un dessin qui ne serait que purement artistique sort ainsi de sa fonction de dessin de presse  », estime-t-il. Selon la place qu’il occupe dans la publication, il joue un rôle d’éditorial ou ajoute, de toute façon, un regard supplémentaire à l’actualité.

Dessin trash ou subtil

Dessin publié dans l’almanach du dessin de presse

Ce regard peut être très différent d’un dessinateur à l’autre. Il varie aussi en fonction de la publication. «  Le « Canard enchaîné » et « Charlie Hebdo » ne publient pas le même type de dessin. Au style trash du second, le premier préfère un trait plus subtil », explique Jean-Michel Delambre, journaliste et dessinateur au Canard depuis 25 ans. Au contraire de ces deux hebdomadaires, la presse quotidienne nationale, ou régionale est soumise au jugement de ses annonceurs. Quid alors de la liberté des dessinateurs de presse ?

«  La plupart du temps, cela se passe plutôt bien  », répond Jean-Michel Renault. Exemple, au « Midi Libre » pour lequel il publie régulièrement, «  on peut faire passer beaucoup de choses. D’une manière générale, tout dépend du rédacteur en chef. Son rôle est de soutenir le dessinateur qui travaille pour lui. En tenant compte bien sûr du respect de la ligne éditoriale de la publication. Mais que dire du comportement d’un Philippe V (je ne parviens plus à prononcer son nom ) qui demande à un monument comme Siné de s’excuser pour un simple clin d’œil ! »

« Réducteur en chef » pour les uns, «  prédateur » pour Maurice Sinet, Philippe Val a fait l’unanimité contre lui. « Depuis 120 ans, rappelle JM Renault, sous l’impulsion de Grévy, les caricaturistes n’ont plus besoin de demander, avant publication, l’autorisation des personnes qu’ils ont croquées. V. se permet de le faire ! Or, le rôle des caricaturistes et des dessinateurs de presse est de monter au créneau. Les libertés ne s’usent que si l’on ne s’en sert pas ! Cela étant, plus que la censure directe, c’est le politiquement correct qui me fait peur et qu’il faut combattre. C’est l’autocensure.  »

Défense d’un art majeur

Chaque année, le premier avril, Renault publie « L’almanach du dessin de presse » (1), un album qu’il qualifie de « vitrine d’une profession qui, mines et plumes en avant, mène le combat pour la défense de son mode naturel d’expression : celui du deuxième degré ». Cet almanach réunit les contributions de 120 dessinateurs et caricaturistes français pour une chronique décalée de l’année écoulée. La couverture de l’édition 2010 (qui porte donc sur l’année 2009) est consacrée à Barak Obama. Le sujet est « choisi parmi les personnalités qui ont donné aux médias le plus de grain à moudre durant l’année écoulée  » prévient la jaquette de l’album. Le sujet de la prochaine édition sera Nicolas Sarkozy.

Détournant la main de SOS Racisme, Jean-Michel Renault revendique sa liberté de rire. « Le dessin de presse, écrit-il dans la présentation du livre, est un art majeur, car libre, franc et spontané, face à une actualité chaque jour plus grave en ce monde à la dérive. » Il mène son combat dans un autre album qu’il vient de publier. « Non de dieux ! »(2) revendique le droit de s’attaquer à toutes les religions. Il est distribué avec ce bandeau explicite : « Interdit à tous ceux qui croient en un quelconque au-delà ».

Philippe ALLIENNE

(1) L’Almanach 2010 du dessin de presse et de la caricature. Ed FECO

(2) Non de dieux ! La religion nuit gravement à la santé mentale des peuples – éd Pat à pan.

 

 

Mourir ? Plutôt crever !

Réalisé par sa propre fille, la documentariste Stéphane Mercurio , le film « Mourir ? Plutôt crever » est consacré au dessinateur Maurice Sinet, dit Siné. Il a été présenté à l’occasion du festival du dessin de presse et de la caricature de Berk-sur-Mer, samedi 6 novembre, en présence de la réalisatrice.

Tourné durant et après la réalisation du premier numéro de « Siné Hebdo », il propose un portrait saisissant de Siné. L’homme engagé ne s’est jamais dédit et a toujours refusé la moindre concession. Parti de l’Express, pour des dessins sur la guerre d’Algérie, il a créé « Siné Massacre » où il continue à... massacrer l’armée française et la guerre menée contre le peuple algérien. Il a fait l’objet d’autant de procès qu’il y a eu de numéros.

« Toute ma carrière a été ainsi ponctuée », dit Siné. Soit je suis viré, soit je pars de moi-même. Et je crée mon journal. Même scénario en 1968, avec « L’Enragé ». Enfin, après son départ de « Charlie Hebdo », il lance « Siné Hebdo ». Disparu depuis mars 2010, ce titre subsiste grâce à Internet où Siné continue à commenter l’actualité. Le film commence par une visite au cimetière. C’est décidé, les cendres de Siné reposeront sous un monument funéraire qui représentera un doigt d’honneur.

Ph A


 

 
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