Pas de journaux dans les kiosques le 5 juillet ?

Au lendemain d’un accord salarial dans le groupe Voix du Nord qui met fin à un conflit ayant notamment conduit à une non parution de la Voix du Nord et Nord Eclair en juin, c’est toute la presse nationale qui pourrait ne pas paraître le 5 juillet sur fond de crise et de restructuration en profondeur de la presse quotidienne régionale notamment.

Le 22 mai sur la Grand Place de Lille, face au siège de la Voix du Nord, lors d’un rassemblement organisé par le SNJ, le SNJ CGT et la Filpac CGT, les trois syndicats dénoncaient alors les conditions du rapprochement entre les titres des groupes Hersant Média (GHM) et Rossel, dont dépendent la Voix du Nord, Nord éclair, Nord Littoral, et de nombreux autres titres. (Photo Etienne Vergne)

« La sagesse l’emporte » se félicitait le 30 juin dernier dans un communiqué l’intersyndicale Métropole Nord CGT, SNJ, SNJ-CGT, de la Voix du Nord/Nord Eclair, après la décision de la direction et des actionnaires de répondre plus favorablement aux revendications salariales (voir ci-après). La tension était montée ces dernières semaines à ce sujet, avec notamment « une non parution décidée par les salariés Métropole Nord CGT et de la base Force Ouvrière » rappelle le communiqué. L’intersyndicale souligne cependant avoir fait « l’effort » d’accepter les concessions patronales « dans l’optique d’une nécessaire négociation salariale sur les exercices à venir, en tenant compte de ce qui est acté pour 2012 au regard de la baisse de pouvoir d’achat », regrettant « que M. Hardoin n’ait pas eu la même sagesse que nous, en faisant ces avancées lors des négociations (NAO), ce qui aurait permis d’éviter pour l’entreprise et ses salariés la perte annoncée de 700 000 € ».

Au final, l’accord prévoit notamment le versement au 1er juillet d’une prime unique et forfaitaire de 300 € brut aux salariés dont la rémunération brute fiscale est inférieure ou égale à 34 223 €, une augmentation indiciaire de 0.70 % sur les salaires réels de toutes les catégories au 1er octobre 2012, un engagement de ne pas rediscuter les acquis sociaux.

« La presse quotidienne est un vaste champ de licenciements »

Ce conflit salarial survenait cependant dans un contexte de profond malaise et de sérieuses inquiétudes dans la presse quotidienne régionale pouvant conduire à la non parution de toute la presse en France le 5 juillet 2012.

Le groupe belge Rossel, qui contrôle la Voix du Nord et ses filiales en France, était il y a peu encore impliqué dans une éventuelle reprise du Groupe Hersant Médias (GHM) (Paris Normandie, Nice Matin, l’Union de Reims…). Au terme de 8 mois de négociations et après l’annonce d’importants plans dit « sociaux » le Groupe Rossel se désistait, invoquant le fait « que l’accord social préalable dont il avait fait une condition indispensable à sa participation au projet de rapprochement avec GHM et ses banquiers, a été catégoriquement rejeté par la Filpac CGT. Et ce tant dans les sociétés du pôle Champagne-Ardennes-Picardie (CAP) qu’à Nice Matin. » Mais Rossel « voulait-il vraiment un accord avec GHM ? », interroge le syndicat mis en cause par le groupe belge. La Filpac CGT affirme pour sa part avoir déclaré à « Bernard Marchant, représentant le groupe Rossel, qu’il était le bienvenu » et que rien ne l’empêchait de présenter un plan de restructuration. Sauf qu’il y a toujours été question de « diktat social » plus que « d’accord social ».

Philippe Hersant, président de GHM, affublé du qualitatif de "licencieur" lors du rassemblement intersyndical du 2 mai, à Lille. Le troisième fils du "papivore" Robert Hersant voit sa stratégie contestée par les syndicats. (Photo Etienne Vergne)

Au lendemain de ce retournement qui ne peut qu’aggraver la situation des titres mis en difficulté par GHM, la Filpac constate que « la presse quotidienne est un vaste champ de licenciements » et considère qu’ « accepter les licenciements aujourd’hui, c’est encourager ceux de demain  ». Elle met en cause « l’ancien gouvernement (qui) a décidé lors des états généraux de la presse qu’elle devait être soumise au dogme de la rentabilité et à la perspective d’une concentration accélérée pour obtenir un ou deux « champions multimédia nationaux de taille internationale ». Le syndicat redoute que le patronat s’appuie aujourd’hui «  sur le gouvernement pour faire avaliser à la Filpac CGT la destruction de l’emploi, la soumission de l’information à quelques banquiers et industriels, geler toute négociation de branche ou de groupe, afin d’enfermer les syndicats dans une négociation locale, pour prévenir toute contestation nationale ».

Le nouveau gouvernement interpellé

Telles sont les raisons qui conduisent aujourd’hui la Filpac CGT à consulter ces jours-ci les salariés sur un mouvement pouvant conduire à la non-parution de « toute la presse » ce 5 juillet. Se déclarant « en lutte pour les emplois, les titres, et la distribution coopérative », elle revendique :
- « Un moratoire sur les licenciements » et l’ouverture immédiate d’une « négociation nationale, prenant en compte la question de l’avenir de l’information, de son impression, de sa distribution, de l’emploi et des qualifications professionnelles ;
- L’intervention du gouvernement afin de définir les obligations des patrons de presse, en particulier celles de l’exilé fiscal Hersant
- Une négociation nationale sur un plan de développement et de soutien aux sociétés d’information
- L’abrogation du décret Sarkozy sur les aides à la presse qui provoque la catastrophe en cours.
- La mise en débat d’une loi sur la liberté de l’information, son indépendance, son pluralisme, et la transparence totale sur l’utilisation des aides publiques.
 »


 

 
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