Place des femmes en entreprise : « du mieux dans les grosses sociétés »

, par Club de la presse Nord - Pas de Calais

En cette veille de 8 mars, journée internationale du droit de la femme, le Club de la presse Hauts-de-France et l’association des étudiants de l’Université Catholique de Lille, organisaient une soirée débat-projection sur la place des femmes dans les entreprises. Ces dernières années, une loi a obligé les plus grosses entreprises à réaliser de gros efforts en matière de promotion de l’égalité et de lutte contre les discriminations. Agnès Bricard, Présidente d’honneur de la Fédération des Femmes Administrateurs, dont l’objectif est de promouvoir les femmes dans la gouvernance et les instances des entreprises privées ou publiques françaises et internationales, a fait le point sur les avancées qu’elle a apportées. La soirée a été clôturée par la diffusion de deux reportages : « L’Entreprise et les femmes » d’Isabelle Bonnet et « Horizons dévoilés » de Carl Cordonnier.

Agnès Bricard, Présidente d’honneur de la Fédération des Femmes Administrateurs

Agnès Bricard est aussi la première femme élue présidente du Conseil supérieur de l’ordre des experts comptables, un corps de métier composé à 75 % d’hommes. Elle s’explique cette désertion principalement par le désir de grossesses : «  Un expert comptable obtient son diplôme entre 26 et 30 ans, soit l’âge auquel les femmes pensent aux enfants. Beaucoup décident alors de rentrer dans des grosses entreprises ou des banques plutôt que de s’établir en libérale.  » C’est compliqué d’élever des enfants en tant que libérale alors qu’en tant que salariée, des avantages existent : semaine de 35h, congés payés, congés maternité, etc. « Mais, durant les congés maternités, leur salaire est bloqué. Les femmes se retrouvent en moyenne en fin de carrière avec une différence salariale de 26 % par rapport à leurs collègues masculins »
Un mouvement se met en place pour réduire ces 26 %, mouvement dans lequel s’intègre la journée internationale du droit des femmes. Ce jour là, le personnel féminin des entreprises est appelé à raccourcir leur journée de travail de 26 %, et donc arrêter à 15h40 pour protester. Mais à l’allure ou l’écart se réduit, il faudra un siècle pour atteindre l’égalité.

Mais le gel des salaires durant les grossesses n’explique pas à lui seul cette différence. Pour Agnès Bricart, « les femmes doivent apprendre à se vendre et à demander des promotions. Elles ont tendance à attendre d’être sollicitées. »
L’égalité salariale est une chose, la parité en est une autre. La loi Copé Zimmermann oblige les entreprises de plus de 500 salariés ou plus de 50 millions d’euros de chiffre d’affaires à avoir 40 % de femmes dans leur Conseil d’Administration courant 2017. En 2014, elles étaient 18 % dans les CA du CAC40, elles seraient aujourd’hui 38,4 %. A peine moins dans les entreprises du SBF120. Par contre, dans les autres entreprises concernées par cette loi, le pourcentage de femmes dans le CA stagne à 16 %.

Selon Agnès Bricart, une fois intégrées dans un CA, les femmes sont plus spontanées que les hommes : « Elles posent des questions qui peuvent gêner le PDG lors des réunions car elles n’en connaissent pas les codes. »

Mais cela ne règle pas tous les problèmes. « Avant cette loi, les membres des Conseils d’Administration étaient souvent choisis par copinage, » poursuit l’expert-comptable. « Depuis, même si les héritières sont plus facilement choisies, les choses se sont améliorées. Une formation, non obligatoire, a été mise en place pour les femmes rejoignant les instances dirigeantes des grandes entreprises. Les hommes aussi en ont profité puisqu’ils sont aussi 70 % à avoir suivi cette formation. » Cette loi sur la parité a donc permis une plus grande professionnalisation des Conseils d’Administration.

Crever le plafond de verre

La réalisatrice Isabelle Bonnet.

L’intervention d’Agnès Bricart a été suivie par la projection du documentaire « L’Entreprise et les femmes » d’Isabelle Bonnet. La réalisatrice a pu suivre durant 9 mois des salariées du groupe Auchan sélectionnées pour une formation les préparant à des postes à responsabilités et ainsi dépasser le « plafond de verre », cette barrière sociétale invisible réservant les postes à responsabilités et les plus hauts salaires aux hommes. Pourtant selon elle, « les femmes sont plus empathiques que les hommes, lorsqu’elles dirigent, elles savent mieux mettre en valeur le travail de leur équipe. »

Après un premier passage en 2015 sur la chaîne France3, le documentaire d’Isabelle Bonnet « L’Entreprise et les femmes » a été rediffusé en début d’année 2017 sur la chaîne LCP. Retrouvez ci dessous l’interview de la réalisatrice.

Carl Cordonnier a présenté son application « Horizons dévoilées »

Horizons dévoilés

La troisième partie de la soirée a été consacrée à la présentation de l’application « Horizons dévoilées », produite par Carl Cordonnier (adhérent du Club de la presse) pour l’agence Dailylife. Disponible sur l’Apple Store et sur Google Play, elle propose des reportages interactifs sur la place des femmes dans les villes portuaires. Après Tianjin (Chine), Tanger, Dunkerque, Glasgow et le littoral du Pas-de-Calais, le dernier épisode propose de suivre la vie de trois femmes, Emma, Maya et Naila, deux Françaises et une Soudanaise, rencontrées dans la jungle de Calais peu avant son démantèlement.

Le journaliste les a rencontrées dans le bidonville, « pas tout à fait en France parce que le droit commun n’y est pas respecté : le droit à l’hébergement, le droit à la sécurité, le droit à un travail ». Il témoigne dans cette application de leurs difficultés, de leurs habitudes, de leurs peurs et de leurs espoirs.

Naila est Soudanaise. Elle a la chance de dormir dans un Algeco, au chaud, quand tant d’autres se contentent de toiles de tente. Emma la connaît bien, elle travaille justement dans le centre d’hébergement des femmes. C’est dans la jungle qu’elle a trouvé son amour, Aman, un jeune Erythréen. Un amour difficile. Maya, la bénévole, se tient elle aussi aux côtés des réfugiés, pour les aider. Ces trois femmes partagent un lieu et une conviction : le monde ne fait qu’un.


 

 

 

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