RSF : une année noire pour la liberté de la presse dans le monde

, par Club de la presse Nord - Pas de Calais

Reporters sans frontières (RSF) vient de publier l’édition 2017 du Classement mondial de la liberté de la presse. L’ONG redoute que l’obsession de la surveillance, l’avènement des fake-news et le non-respect du secret des sources produisent à terme un « grand basculement », y compris dans certains pays démocratiques considérés hier comme vertueux.

« Le basculement des démocraties donne le vertige à toutes celles et tous ceux qui pensent que sans liberté de la presse solide, les autres libertés ne sauraient être garanties, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Où cette spirale infernale va-t-elle nous mener ? » Le monde semble entrer dans l’ère de la désinformation, de la post-vérité et des fausses nouvelles. Partout le modèle de l’homme fort et autoritaire, porté par un discours anti-système et anti-médias fortement toxique, trouve écho dans la population. Etats-Unis, Royaumes-Unis, Pologne, Turquie sont parmi les démocraties qui ont perdu des places dans le classement.

La tête du classement des années précédentes se retrouve aussi nivelée par le bas. La Suède, en première position depuis 6 ans se trouve rétrogradée à la 3ème place à cause de pressions politiques et de conflits d’intérêts. Elle est remplacée par la Norvège qui ne fait pas partie de l’Union européenne. Seule amélioration sensible : la Suède qui passe de la 7ème à la 2ème place grâce aux condamnations des auteurs de menaces à l’encontre de journalistes rendues possible par la collaboration entre certains médias ou syndicats de journalistes et la police.

A l’autre bout du classement, l’Erythrée n’est plus dernière depuis qu’elle autorise l’accès au pays à des équipes de médias étrangers, même si elles sont étroitement surveillées. Elle est remplacée par la Corée du Nord ou le simple fait d’écouter une radio basée à l’étranger peut valoir un séjour en camp de concentration. Le Turkménistan et la Syrie sont aussi dans le quatuor de fin de classement. La Russie de Vladimir Poutine reste ancrée à la 148e place.

RSF dénonce une dégradation générale, mondiale, de la liberté de la presse. L’indice global dont se sert l’ONG pour établir sont classement s’est dégradé de 14% en 5 ans. Cette année, près des deux tiers des pays répertoriés ont enregistré une aggravation de leur situation tandis que le nombre de pays où la situation pour les médias est considérée comme “bonne” ou “plutôt bonne” a diminué de 2,3%.

Au 27 avril 2017, RSF dénombrait déjà 8 journalistes assassinés, ainsi que 2 net-citoyens et 1 collaborateur

Malgré de mauvais résultats, le continent européen demeure la zone géographique où les médias sont les plus libres. Pourtant, l’Europe est le continent qui a connu la plus forte dégradation de son indice global : +3,80% en un an. L’écart est encore plus frappant sur les cinq dernières années : +17,5%. La France remonte de 6 places pour se positionner 39eme mais ce résultat qui semble bon est en trompe l’œil car l’attentat de Charlie Hebdo en 2015 avait provoqué une chute exceptionnelle du pays dans le classement. « Si l’on ne tient pas compte de cette parenthèse, »précise l’association, « la France, où les journalistes doivent se mobiliser pour défendre leur indépendance dans un climat de plus en plus violent et délétère, enregistre cette année son plus mauvais score (22,24) depuis 2013, en raison notamment d’affaires liées à des financiers utilisant à des fins d’influence les médias qu’ils possèdent. »
L’Italie, malgré une remontée de 25 places due à l’acquittement des journalistes poursuivis dans l’affaire VatiLeaks 2, reste l’un des pays de l’Union Européenne les moins bien notés, bloqué en 52ème position à cause des pressions et menaces des organisations mafieuses et criminelles à l’encontre des journalistes.

Au milieu de cette dégringolade généralisée, RSF salut les améliorations porteuses d’espoir survenues dans deux pays ou la situation était critique. La Gambie (143e, +2) qui, débarrassé de son président autocrate, redécouvre des journaux non censurés et envisage de réformer une législation très restrictive à l’égard de la presse. Et la Colombie (129e, +5) qui a signé des accords de paix historiques mettant fin à la guérilla contre les FARC. Ce conflit était une source de censure et de violences contre la presse. Pour la première fois depuis 7 ans, aucun journaliste n’a été tué dans le pays cette année.

Voir le classement complet sur le site de RSF


 

 

 

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