Voix du Nord : Le plan social officialisé

, par Club de la presse Nord - Pas de Calais

La rumeur d’un plan social à la Voix du Nord avait fuité la semaine passée. Le comité d’entreprise extraordinaire, réuni mardi 10 janvier, a entériné le projet, confirmant la mise en place d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) supprimant 178 emplois sur les 730 que compte le journal. 55 journalistes sur les 340 que compte la rédaction sont concernés. Si la direction a « bon espoir d’éviter les licenciements », en favorisant les départs volontaires, les syndicats s’opposent « radicalement » à ce projet.

L’intersyndicale CFDT/SNJ/Filpac-CGT et SNG-CGT, citée par Ouest-France, a annoncé s’opposer radicalement à ce plan social. « 178 suppressions de postes dans une entreprise qui dégage des bénéfices, c’est absolument énorme », a déclaré le délégué SNJ Bertrand Bussière lors d’un point presse. « Jusqu’à présent aucune entreprise de presse dégageant des bénéfices n’a supprimé 25 % de son effectif en France »

En plus des difficultés engendrées pour les personnes qui perdront leur emploi ou seront reclassées ailleurs, Christian Vincent, délégué CFDT, pointe un risque pour l’ensemble de la société. Cette réorganisation « permettra de dégager un chiffre d’affaires supplémentaire qui pourrait permettre au groupe Rossel d’acheter d’autres titres . C’est un danger pour la démocratie, car il risque de n’y avoir que deux ou trois groupes avec les mêmes papiers un peu partout ». C’est ce qu’il s’était passé lorsque Voix du Nord a racheté Nord Eclair : les rédactions ont fusionné et, si les deux titres existent encore, ils partagent désormais le même contenu.

Les cadres de l’entreprise, qui peuvent s’exprimer sur le sujet depuis l’officialisation de la nouvelle, étaient hier invités dans les médias pour défendre et expliquer le projet. La radio France Bleua reçu le directeur général délégué de la Voix du Nord. Gabriel d’Harcourt a expliqué que ce scénario devrait permettre au journal d’éviter le pire : «  Le plus choquant dans l’environnement actuel, ce serait de ne rien faire. Ce serait peut-être le plus confortable mais cela donnerait une situation extrêmement délicate dans un délai assez proche. Donc profitons de ce que nous soyons dans une situation saine pour mener les réorganisations à temps ».

Présent aussi sur le plateau du journal de France 3 Nord Pas-de-Calais, il a précisé son propos et répondu aux critiques de licencier alors que le journal est rentable : « Quand on attend qu’une entreprise perd de l’argent, il est trop tard et les conditions de mise en place d’un plan social à ce moment-là sont terribles. Nous gagnons de l’argent actuellement. Nous sommes une entreprise rentable. Mais nous savons que si nous ne faisons rien, dans deux ans, nous en perdrons. Et dans deux ans, là les conditions ne seront plus les mêmes. Et on parlera de départs contraints alors que nous sommes aujourd’hui dans une logique de départs volontaires ». 

Propos répétés ce mercredi matin sur l’antenne de France Inter lors de l’émission consacrée aux médias « L’Instant M », par Jean-Michel Bretonnier. Le rédacteur en chef et directeur de la rédaction du quotidien. « Nous sommes un journal qui se porte moins mal que d’autre [car] nous avons devancé, à plusieurs reprises dans notre histoire, les difficultés. Nous avons progressé de 8 millions d’euros en chiffre d’affaires entre 2003 et 2016 car nous avons créer le journal du lundi et que nous avons un prix plus élevé que la plupart des journaux. Mais ce modèle a atteint sa limite. »

Les abonnés et acheteurs quotidiens du journal étant en majorité des personnes âgés, il est, selon lui, vital pour la Voix du Nord d’investir dans les nouveaux supports afin de respecter les nouveaux usages de consommation de l’information. « Nous voulons conserver la possibilité d’investir, c’est vraiment important. La logique de groupe nous permet aussi de gagner plus d’argent que d’autres. Quand nous rachetons le Courrier Picard, nous imprimons le Courrier Picard, donc nous amortissons nos rotatives plus facilement. Les investissements numériques se voient moins que les amortissements papier, tels que des rotatives, mais sont plus fréquents et plus coûteux. »

Quant à faire un journal de la même qualité qu’avant avec 55 journalistes en moins, ce ne serait selon lui pas un paradoxe : « Nous ferons un bon journal dans des conditions de travail acceptables. » Il compte pour cela sur la diminution du nombre d’agences, qui passeront de 24 à 20, mais seront complétées par l’ouverture de plusieurs bureaux.

Les syndicats et la direction doivent maintenant se rencontrer pour discuter des modalités du plan. Ces négociations dureront trois mois. Les syndicats ont invité le personnel à une assemblée générale ce samedi matin (14 janvier) sur le site de l’imprimerie à Marcq-en-Baroeul.


 

 

 

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